Depuis peu sur Hellocoton, la guerre est déclarée.

Et c'est vraiment idiot...

Certaines ont été jusqu'à fermer leur blog, leur espace personnel, leur "Moi" public à cause de querelles idiotes. Un billet mal pris, un billet un peu vindicatif, des commentaires hauts en couleurs. Des opposants et des adjuvants. Des pour et de contre.

Certaines se disent ouvertes mais à les lire on se rend compte qu'elles ne sont ouvertes que pour elles-mêmes et ceux qui vont dans leur sens et deviennent brutales envers autrui qui ne suit pas la ligne qu'elles pensent juste (bloggueuse comme commentatrice)

Sauf que...

Sauf que...

Tout le monde n'a pas la même résistance. Et ce pour plusieurs raisons et une surtout plus que toute autre.

Chacun a son propre vécu. Une histoire personnelle qui forme et qui donne des bases pour plus tard. Il suffit de (re)voir le débat sur l'avortement de la fin de l'été pour s'en convaincre. Certains arrivent à chasser leurs démons seuls ou avec l'aide de quelqu'un ou de quelque chose. Le blog est pour beaucoup un exutoire. Cette difficulté dont on n'ose pas parler même à un proche, le blog permet de l'exprimer. Cependant dans ce cas, le bloggueur oublie parfois que son histoire va être lue et, de fait, va être commentée.

Car, ne nous leurrons pas, le but premier d'un blog est d'être lu. Comme l'a dit mon prof de philo : "tenir un journal intime est une façon polie de dire "youhou lisez-moi" sans oser le dire". Un blog, c'est exactement la même chose. On se livre toujours un peu avec notre sensibilité, notre vécu. Même si l'on tient un rôle, il y aura toujours un moment où le "je" réel refera surface. 

Il ne faut pas oublier non plus que le monde de l'écrit n'est pas le monde de l'oral. Dans l'écrit, il n'y a pas d'intonation, pas de petits sourires en coin ou de lueur moqueuse dans le coin de l'oeil qui dit comment prendre la chose. Avec l'écrit cela n'est pas possible, il y a bien la possibilité de mettre des smileys mais cela casse le texte, son rythme, sa teneur. Pour un blog humour, le smiley va être utilisé sans soucis mais sur un blog humeur le sens sera certes éclairci mais le rythme sera cassé, la fluidité rompue et le propos perdra en teneur.

Il suffit de lire quelques forums pour s'en convaincre, untel dit quelque chose et untelle va mal le prendre, se sentir agressée alors que le propos était anodin.

Je fais malgré moi partie des agresseurs, j'ai souvent le propos lapidaire, expéditif. Je ne prends pas le temps de mûrir mon idée, de la développer au maximum pour qu'elle soit comprise comme il faut. Et je me retrouve, par la force des choses, à devoir revenir sur ce que j'ai écrit et parfois m'excuser si j'ai blessé autrui.

Bref, il est de notre devoir à nous, bloggueurs, de faire en sorte d'être irréprochables. De savoir être honnêtes sans blesser l'autre malgré nous.

Cependant, ami-lecteur, quand tu commentes chez autrui, tu te dois de rester poli et courtois. Le bloggueur t'a ouvert sa porte, t'a laissé entrer dans son jardin secret (même s'il est public). Et encore plus si tu n'es pas d'accord. Les commentaires les plus intéressants ne sont pas ceux qui vont dans le sens du bloggueur, ceux-là sont flatteurs mais n'apportent rien. On se sent compris, soutenu, aimé, point. Le commentaire négatif, en revanche, se doit d'apporter quelque chose pour ouvrir à la discussion, il ne doit pas être un ramassis d'insultes (ça c'est bon pour le troll). Il doit être calme et posé. Certes, le plus souvent le commentaire hargneux est écrit sur le coup de la colère. L'envie démange d'en découdre avec l'auteur. Dans ce cas le plus judicieux est de laisser filer, de marquer la page et d'y revenir quand la colère sera descendue pour dire les choses plus posément. Si passé ce temps, la colère est toujours là, il faut l'exprimer. Mais il y a fort à parier que la tension née à la lecture du billet soit un peu retombée et que le commentaire soit alors plus construit.

Au nom de la sacro-sainte liberté d'expression, beaucoup se croit en droit de dire tout ce qu'ils pensent. Ils en oublient qu'ils sont dans un salon, un lieu privé et privilégié. Le propriétaire des lieux leur a ouvert ses portes en les invitant à donner leur avis, leur point de vue. Si l'hôte avait voulu se faire lapider il aurait laisser un tas de pierres devant sa porte et non un petit carré blanc à remplir.

Au nom de la sacro-sainte liberté d'expression, des commentateurs ont dépassé les bornes. Si certains supportent de se faire attaquer d'autres pas. Malheureusement, cette deuxième catégorie est de loin la plus répandue. Ne supportant l'attaque plusieurs bloggueuses ont fermé les portes de leur blog, de leur journal. Ne pouvant plus donner leur avis sans recevoir de crachats, elles ont été contraintes à la fuite.

Pour finir j'aimerai juste faire une analogie. Quand on achète un magazine qui nous déplaît, on ne passe notre temps à envoyer des mails assassins en mouillant notre culotte à chaque réponse du journal. Non. On n'achète plus le dit-journal. Un blog c'est pareil : soit tu l'aimes, soit tu le quittes. Mais surtout tu évites de laisser ton tas de merde devant la porte.

Allez ! on se fait un bisou et on recommence sur des bonnes bases.

calin