…sauf maman bien sûr. La mère qui travaille, c’est rien qu’une bécasse et je vais vous le prouver.

 

- je me lève la nuit quand ma fille malade m’appelle (je suis donc parfois en manque de sommeil)

- je reste chez moi quand ma fille est malade (je suis donc infirmière)

- à 10h/10h30 le ménage est fait (je suis donc femme de ménage)

- le dimanche, c’est repassage day (je suis donc blanchisseuse)

- le jeudi, c’est bibliothèque avec la classe de PS/MS de ma mémère (je suis donc ATSEM)

- le jeudi, je fais aussi les courses de la semaine avec planning des repas pour éviter les dépenses inutiles (je suis donc banquière)

- après chaque repas, je fais la vaisselle (je suis donc plongeuse)

- je joue avec ma fille après l’école (je suis donc jeune fille au pair)

-etc

 

Non, je ne suis pas une mère au foyer.

Ce genre d’inventaire à la Prévert a tendance à me hérisser le poil quand je le vois à la sauce « maman au foyer ». Ça me fait l’effet d’une douche froide. Je le lis et j’entends en bruit de façon « la mère qui travaille est une feignasse ».

Eh oui.

Quand je lis ça, je me sens visée. Comme si, sortie de mes 35h de travail hebdomadaires, je ne faisais rien d’autre. Tu me diras vu que mon mari travaille aussi, je ne vois pas trop qui s’occupe de notre fille quand nous sommes chez nous après journée de travail. Ou alors on me cache des choses.

Va falloir enquêter.

Ah non ! je ne peux pas enquêter : je travaille.

Déjà que je suis une salope qui pond des gosses et ne s’en occupe pas (contrairement à une merveilleuse, une formidable, une inénarrable mère au foyer, qui sacrifie tout pour ses enfants, tu permets que j’écrase une larme ?) si en plus je perds mon précieux temps de travail à des recherches futiles pourquoi donc ai-je fais un enfant ?

Tu vois mère courage, moi aussi je peux t’écraser comme une merde car ton choix ne me plait pas. Parce que tu vois, rester à la maison c’est pas mon truc. Il m’est impossible de rester enfermer.

Je le sais, j’ai essayé.

D’abord au travail. j’ai tenu neuf mois (oui comme une grossesse). J’étais assise toute la journée devant un écran sans de réels contacts avec les autres humains. J’ai craqué et supplié qu’on me remette dans un magasin. Puis à la maison, les deux mois et demi de congés maternité ont été longs. Seule avec bébé. C’était pas mon truc non plus (même si en cas de deuxième je ferai un parental de 6 mois, parce que, sans déconner, reprendre le travail quand t’es en plein retour de couches et que t’as pas fait ta rééducation du périnée c’est pas facile). Retrouver le magasin et les clients a été salvateur.

 

Et puis, pour que tu comprennes bien, je te fais un autre inventaire :

- ma fille est bien élevée. Et pourtant je travaille.

- à la maison on mange sain (pas de plats préparés surgelés et pas de fast food). Et pourtant je travaille.

- je suis épilée. Et pourtant je travaille.

- ma maison est rangée. Et pourtant je travaille.

- la directrice de l’école a cru que, vu mon implication, j’étais mère au foyer. Et pourtant je travaille.

Alors soyons sérieux un instant, que l’on soit mère au foyer ou mère qui travaille, on fait toutes la même chose lorsque nous sommes chez nous : Maman.

Et on le fait toutes du mieux qu’on peut. Avec ou sans travail, on aime nos enfants et on les éduquent de notre mieux.

Alors s’il vous plait, ne jouer pas les causettes, que vous soyez mère au foyer ou mère qui travaille, soyez fières de vous et ne pensez qu’à une chose :

 

super-héros

 

P.S : je ne m’adresse à personne en particulier car comme dit : on fait toutes la même chose à savoir maman.

P.P.S : ça marche aussi pour les papas, les mamies, les tontons, les cochons d’inde.